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← Épisode 2 : 🇲🇦 BOUSSOUMA : Le tueur à la pierre qui a terrorisé tout le Maroc

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0:02 Vous écoutez l'ombre d'elgalie, le podcast qui explore les histoires où la lumière peine à percer parce que derrière chaque ombre, il y a un nom et une vérité. Ici, nous donnons une voix à ceux qu'on n'a pas entendu. Nous marchons dans les pas de vie brisée et

0:19 nous laissons les silences nous guider vers ce qui a été perdu. Chaque histoire est un voyage au cœur de l'humain, un chemin où l'émotion, la douleur et l'espoir s'entremêle. Installez-vous. L'histoire que vous allez entendre mérite enfin d'être racontée.

1:02 Il y a des affaires criminelles qui vous glacent par leur complexité, les réseaux, les commanditaires, les mobiles obscur et puis il y en a d'autres qui vous glacent par leur simplicité absolue. Des affaires où tout est là, visible, évident et pourtant

1:19 personne ne l'a vu venir. L'affaire Busuma appartient à la deuxième catégorie. un homme seul, une pierre, 14 morts en di mois. Et la [musique] question que tous les enquêteurs, tous les psychiatres, tous les journalistes qui ont approché cet homme se sont posés en

1:39 sortant de son interrogatoire. Comment regarde-t-on un être humain comme ça en face ? Cet homme calme, ce regard [musique] plat, cette façon de parler de la mort comme on parle de la pluie sans sentir quelque chose se briser en soi ? [musique]

1:55 Ce soir, je vous emmène sur les rives du Bourgreg entre Rabat et Salé [musique] dans le Maroc de 2004 dans l'ombre des berges où les sansabris dormaient. [musique] Là où Abdel Ali Amer que tout le monde appelait Busuma est venu les retrouver 14 fois.

2:15 [musique] Risani, une ville du Tafilelt, aux portes du désert dans le sud-est marocain. C'est là qu'Abdélali A [musique] né en 1961, une famille de classe moyenne, ni riche ni pauvre, des parents, des frères, des sœurs, une maison. L'enfance [musique]

2:35 d'Abdeli, on n'en sait pas grand-chose, mais ce que l'on sait, c'est qu'elle s'arrête trop tôt. Ses deux parents meurent avant qu'il n'atteignent la vingtaine. Il se retrouve adolescent puis jeune adulte sans ancre. Ses frères et sœurs existent. Plusieurs d'entre eux

2:53 émigrent en Europe, construisent des vies stables, des situations confortables. Ils traversent la Méditerranée. Lui reste au Maroc. Pourquoi reste-t-il ? parce que son casier judiciaire lui interdit d'obtenir un passeport. [musique] Parce que la justice l'a rattrapé dès

3:11 ses premières années d'adulte. Parce que la frontière qui sépare ceux qui partent et ceux qui restent parfois, ce n'est pas l'argent, c'est une condamnation, une case cochée dans un registre, un dossier qui vous clou sur place pendant que le reste du monde avance.

3:27 À 20 ans, Abdel tente quelque chose. Il s'engage dans l'armée, une chance de structure, de discipline, de sortir de la dérive, mais il est révoqué presque aussitôt. La raison officielle, son caractère violent, incontrôlable. L'armée n'en veut pas. Et c'est là que

3:47 tout commence ou plutôt que tout déraille définitivement. Agression, séquestration, viol, vol qualifié, coup et blessures. Abdel Ali entre et sort de prison six fois en 20 ans. À chaque libération, le cycle recommence. À chaque incarcération, ses

4:04 frères et sœurs prennent un peu plus de distance. La seule personne qui continue à s'occuper de lui, à lui apporter à manger, à payer les frais, à ne pas l'abandonner complètement, [musique] c'est une de ses sœurs, une sœur aînée. Et puis cette sœur meurt. Quand Abdel

4:21 Ali sort de prison [musique] pour la dernière fois avant les meurtres, il n'a plus rien. La maison familiale a été vendue par ses frères et sœurs pendant son incarcération. Pas de part pour lui, pas d'héritage, pas de coup de téléphone pour le prévenir. Ses frères sont en

4:37 Europe, ils ont des vies, ils ont tourné la page. Sa sœur, la seule qui restait, est morte. Abdel Ali Amer se retrouve à la rue sans toit, sans argent, sans famille. À 40t ans passés, il dort sur les berge du bourgreg avec les autres sans abri,

4:54 mendiant, volant ce qu'il peut, buvant du mauvais vin pour oublier. Mais oublier quoi ? Il le dira lui-même plus tard aux enquêteurs mot pour mot. Pour oublier à quel point je le monde et mes frères et sœurs avant tout, ce sont eux que j'aurais aimé tuer en premier

5:12 [musique] si j'avais pu les avoir sous la main. Le bourgreg, ce fleuve qui sépare Rabat de Salé, les deux villes jumelles de la côte atlantique marocaine. En 2004, ces berges sont encore un monde à part. Des zones de roseaux, de terr battues, de friches industrielles. Le jour des

5:31 pêcheurs, la nuit les invisibles. C'est là que vivent les sans-abris de Rabassalé. Dans les recoins sombres sous les ponts, dans les roseaux, ils sont des dizaines. Des hommes seuls pour la plupart, alcoolique, drogué, malades. Des hommes que la ville a expulsé de ses

5:50 marges et qui ont trouvé refuge sur les berges d'un fleuve. C'est là qu'Abdélali vit. C'est là qu'il chasse. Abdelali Amer ne possède rien. Pas de couteau, pas d'armes à feu, pas d'argent. Il possède ce que la berge lui offre gratuitement. des pierres, des

6:09 galets, des rochers, des blocs de maçonnerie. Parfois, pour frapper plus fort, plus précisément, il enfouit la pierre dans une chaussette. Un fourau improvisé qui concentre le choc sur un point unique. Il choisit ses lieux, des endroits déserts rarement fréquentés,

6:25 loin des regards, il attend. Son mode opératoire est d'une brutalité primaire. Il approche les autres sans abri, ses semblables ses voisins de berge. Il les rassure, il leur parle. De sa bonne foi, précise les enquêteurs. Il crée un lien de confiance, deux misères qui se

6:43 reconnaissent, de naufragés qui partagent une cigarette, une gorgée de vin. Et quand la victime s'endort ou qu'elle a le dos tourné ou qu'elle n'est plus en état de réagir, il soulève la pierre. Un seul coup violent, précis sur la temp, sur le crâne, [musique] la

6:59 victime s'effondre. Elle ne se relève pas. Ensuite, Abdelali fouille les poches, ce qu'il trouve quelques dirames, des joints parfois des comprimés psychotropes, les médicaments que les sans-abris troquent entre eux comme monnaie d'échange. Des objets dérisoires, des rien.

7:19 C'est pour ça qu'il tue. Pour ça, octobre 2004, dans le district de Sidbousadra, sur la rive du Bourgreg, un corps est découvert sur les berges, un homme adulte. SDF. Il est allongé, le visage vers le sol, une blessure à la tête. Autour de lui des bouteilles

7:39 d'alcool vides. Les vêtements froissés de quelqu'un qui dormait là. Les enquêteurs arrivent, ils regardent la scène, ils consultent le médecin légiste et leur rapport tombe. Traumatisme crânien consécutif à une chute accidentelle. Un vagabond ivre qui a trébuché, qui

7:56 s'est cogné la tête, qui est mort dans son sommeil. Ça arrive. L'affaire est classée sans suite. Et voilà le génie pervers du monde opératoire de Busuma. Pas de génie prémédité, plutôt un génie accidentel né d'une logique que personne n'avait

8:15 anticipé. Quand on frappe quelqu'un par derrière et qu'il tombe face contre terre, les marques du coup se trouvent du côté du sol. La blessure ressemble à celle d'une chute. Le contexte confirme l'hypothèse. Un SDF ivre seul la nuit dans un endroit escarpé au bord du

8:32 fleuve. Qui d'autre que lui-même pourrait l'avoir tué ? Personne ne pose la question. Pendant des mois, le deuxième corps arrive, le trè le 4e. Chaque fois un SDF, chaque fois une blessure à la tête. Chaque fois le rapport du légiste conclut à un accident

8:52 ou un suicide et chaque fois les poches sont vides. Mais les sans-abris n'ont généralement rien. Alors même ce détail ne déclenche pas l'alarme. 12 corps, 12 affaires classées sans suite, 12 meurtres que la police marocaine n'a pas vu. 1er août

9:10 2005, un corps est découvert près du marché de gros d'Akari dans le quartier du même nom à Rabat. Un homme jeune SDF, mais cette fois quelque chose ne va pas. La blessure à la tête, elle est du mauvais côté, elle est au-dessus. La victime est tombée sur le dos. Le visage

9:30 regarde le ciel et quand on tombe d'une chute accidentelle, on ne retombe pas comme ça. On ne se blesse pas là. Et il y a un témoin, un clochard qui dormait non loin de là. Il a vu quelque chose, il a vu quelqu'un. La police judiciaire de Rabat dirigée par Mustapha et Mensar

9:50 reprend les dossiers. Cette fois, on recoupe, on compare, on réalise que 12 autres corps présentent des blessures similaires, que toutes les victimes étaient des sans-abris, que toutes ont été retrouvées dans la même zone géographique. Les berges du Bourg Greg, le quartier

10:08 d'Akari, Sidbousadra. Le choc, la compréhension lente, terrible de ce qui s'est passé sous leurs yeux depuis dix mois sans qu'il le voi tueur en série au Maroc en liberté depuis 1 an. [musique] La zone côtière de Rabassalé est quadrillée 24h/ 24. Le signalement du

10:30 témoin est précis. Un homme de 40 ans environ, barbe de plusieurs jours, regard sombre, constitution solide, un homme que les autres sansabris de la berge connaissaient, un homme qui vivait parmi eux. Il faut moins d'une semaine. 6 août 2005,

10:51 Abdel Ali Amerakari à Raba. L'homme qui a tué 14 fois en 10 mois n'offre aucune résistance. Un journaliste présent lors de la reconstitution le décrira ainsi quelques jours plus tard dans Aujourd'hui le Maroc. Le visage terreux, un regard sombre, les

11:11 joues creusées par une barbe sale de plusieurs semaines habillé d'une chemise bleue rayée en blanc, d'un pantalon gris à l'origine douteuse et d'une espaderie lacérée. Abdelali marchait menot au poignet sans accorder la moindre attention à la foule qui l'entourait.

11:28 On le confronte aux deux témoins, deux sansabris qu'il avait vu à l'œuvre et qui purgeaient déjà une peine de prison de salé pour non assistance à personne en danger et non dénonciation de crime. Face à eux, Abdel Ali ne pas. Il avoue spontanément, immédiatement

11:47 tous les meurtres. Et puis il dit quelque chose qui [musique] stupéfie les enquêteurs. Conduisez-moi sur les lieux, je vais vous montrer ce qui se passe ensuite. La reconstitution du 11 août 2005 à Sid Busadra restera dans les mémoires de tous ceux qui ont assisté.

12:06 Abdel Amer enquêteurs scène par scène, lieu par lieu sur chacun des sites de ces crimes. En parfaite connaissance et avec une exactitude de mémoire des différentes scènes de crime qui en a stupéfait plus d'un rapportent les enquêteurs. Il montre où il attendait, il explique

12:26 comment il approchait. Il mime le geste, le soulever de la pierre, le cou sans émotion, sans hésitation, avec la précision d'un homme qui se souvient parfaitement de chaque détail. Parce que ces détails n'ont rien déclenché en lui. Pas de culpabilité, pas de dégoût de

12:42 soi, rien. La foule qui assiste à la reconstitution [musique] est sous le choc. Des gens du quartier, des curieux, des policiers chevronnés. l'incrédulité et la stupéfaction selon le journaliste présent sur tous les visages sauf sur le sien. Après son arrestation, des psychiatres

13:02 examinent Abdel Alier, le verdict clinique, psychopathe et sociopathe. Deux mots qui recouvrent une réalité complexe. Le psychopathe ne ressent pas la culpabilité comme les autres. Il peut comprendre intellectuellement qu'un acte est mauvais, mais il ne ressent pas

13:20 cette mauvaise action dans son corps, dans sa poitrine, dans ses nuit. Il dort bien, il mange bien, il se souvient parfaitement de ce qu'il a fait. Avec la même netteté que vous vous souvenez d'un film Regardé la veille, le sociopathe, lui, a développé une haine viscérale de

13:38 la société. Pas comme une conviction politique, mais comme une émotion brute, primaire qui colore chaque interaction. Chaque regard, chaque moment passé parmi les autres. Abdelali Amè est les deux à la fois. Ce qui frappe le plus dans cette affaire, c'est l'absence totale de

13:57 distance entre l'homme qu'il était dans la vie. Ce mendiant discret, ce clochard parmi les clochards, celui que tout le monde connaissait dans le quartier et la carie sans vraiment le remarquer, l'homme qu'il était dans la mort. Il ne portait [musique] pas de masque, il

14:12 n'avait pas de double vie. Il était le même homme avant et après, pendant et entre de meurtre. La même barbe, le même regard sombre, les mêmes espaderies. la serré. Ce n'était pas un monstre qui se cachait sous une apparence normale. C'était un homme normal ou plutôt un

14:29 homme cassé normalement comme des milliers d'autres qui avaient simplement décidé à un moment de tuer et de recommencer et de recommencer encore. Le rapport d'enquête cité par les sources internationales disait il développait un sentiment de haine

14:49 envers la société. Il sentait qu'il avait été abandonné par sa famille. Tous ses frères étaient partis à l'étranger. Lui ne pouvait pas obtenir de passeport à cause de son casier judiciaire. On parle beaucoup de Buma. On parle de sa haine, de son mode opératoire, de ses

15:04 aveux. C'est le sort de ses affaires. Le tueur prend toute la place. Les victimes disparaissent une deuxième fois dans l'ombre de leur propre meurtre. Alors, prenons un moment, rien qu'un moment. hommes et femmes sont morts sur les berges du bourgreg entre octobre 2004 et

15:22 juillet 2005. Leur nom pour la plupart ne figure dans aucun article. Ils n'ont pas de famille qui se souviennent d'eux publiquement. Pas de portrait affichés dans les journaux, pas de porte-parole pour dire qui ils étaient avant la rue. Ce qu'on sait, ils étaient des micali,

15:39 le terme policier pour les sans-abris, des hommes et des femmes que la vie avait mis au bord du fleuve. [musique] Certains étaient là depuis des années, d'autres peut-être depuis quelques semaines. Des gens qui avaient eu avant tout ça un prénom que quelqu'un avait

15:54 choisi pour eux. Une mère qui les avait tenu dans ses bras. Un premier jour d'école. Unrez-vous d'eux. Alors ce que l'on sait des victimes, c'est que la quasi-ttalité sont des sans-abris, des hommes seuls adultes. Bussuma les choisissait pour leur vulnérabilité et

16:10 leur invisibilité sociale, pas selon un critère physique ou démographique précis. Les exceptions sont parmi les 14 victimes une femme âgée sans abri elle aussi dont l'autopsie révèle qu'elle [musique] a été violée avant d'être tuée et un commerçant du marché de gros de ract

16:29 immédiatement été [musique] signalée par une famille Busuma avait pensé qu'il était SDF. Et parmi toutes les victimes, il y a eu quatre survivants. Quatre personnes ont vécu à ces attaques. Leurs témoignages ont contribué à l'enquête. On ne connaît

16:43 pas leur identité. publiquement. La justice marocaine n'a jamais publié une liste nominative des 14 victimes. Dans aucun article, dans aucun jugement publié, on ne trouve leur prénom. Ils sont restés des statistiques. Ce vide, ce silence autour des noms des victimes, [musique]

17:01 dit quelque chose d'important sur la façon dont nos sociétés traitent les invisibles. Une victime de classe moyenne, un avocat, un fonctionnaire. On connaîtrait son nom, sa photo, son histoire. On lirait son portrait dans les journaux. Sa famille témoignerait à

17:16 la télévision. Un sans-abri tué sur une berge de nuit, on compte le nombre de corps et on passe à autre chose. C'est pour ça que cette histoire méritait d'être racontée. Pas uniquement pour Busuma et ses aveux glaçants, mais pour les 14 qui ne peuvent plus parler. Le

17:34 procès se tient devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Rabat. Il attire peu de journalistes, pas autant que les grandes affaires politiques, pas autant que les crimes qui font vendre les journaux. De sansabri, tué sur une berge, ça ne

17:47 mobilise [musique] pas les foules. Mais dans la salle, les enquêteurs de la PJ de Rabat sont là et Mustapha et Mensar, leur chef, qui a tout coordonné, qui a compris en premier ce que personne n'avait voulu voir. Abdel Ali Amur plaide coupable. Il n'a

18:04 jamais nié. Il n'a jamais tenté d'atténuer sa [musique] responsabilité. Lors des audiences, il parle peu, répond aux questions posées, confirme les faits. Il n'affiche pas de remord, il n'implore pas la clémence. Le 28 novembre 2005, la sentence tombe.

18:23 Peine de mort. Pour plus de précision, le Maroc condamne à mort mais n'exécute plus personne depuis 1993, soit 12 ans avant la condamnation [musique] de Busuma. La dernière exécution connue est celle d'un commissaire de police reconnu coupable

18:39 de plusieurs dizaines de crimes sexuels. Abdel Ali Ameronné dans le couloir de la mort de la prison centrale de Kenitra. L'unique couloir de la mort du réseau pénitentiaire marocain. Les conditions y sont documentées comme particulièrement difficiles. À ce jour en 2026. Abdel Ali

19:00 Amer détenu à Kenitra. Il a passé 20 ans dans le couloir de la mort. Sa peine n'a pas été commuée. 20 ans. 20 ans dans une cellule de couloir de la mort à attendre une exécution qui ne vient pas. Dans un pays qui a arrêté d'exécuter mais n'a pas aboli la peine capitale.

19:19 Est-ce que cette attente est une torture supplémentaire ? Il y a une question que cette affaire pose et à laquelle personne n'a vraiment répondu. Abdel Ali Amer n'était pas un monstre né dans l'ombre. Il était un homme, un homme que la vie avait brisé

19:35 progressivement, méthodiquement, sur 20 ans. L'armée le rejette, la justice l'enferme, sa famille l'abandonne, sa sœur meurt, sa maison est vendue et lui reste là sur les berges d'un fleuve avec sa haine et les pierres que l'eau a poli. Est-ce que ça explique tout ? Non.

19:56 Des millions de personnes vivent des destins brisés sans tuer 14 personnes. L'explication ne vaut pas l'absolution. Chacune de ces victimes avait une vie. Même sur les berges d'un fleuve, chacune méritait de vieillir. Mais cette questionlà, comment une société

20:12 fabrique-t-elle ces monstres ou laissent-elles des êtres humains se transformer lentement en quelque chose qu'elle ne reconnaît plus ? Cette question mérite d'être posée à voix haute. Pas pour excuser, pour comprendre, pour peut-être éviter. 14

20:28 morts sur les rives du Bourg Greg. 14 prénoms que personne ne connaît. 14 vies terminées dans l'obscurité d'une berge sans témoin, sans bruit. Ce soir, vous les avez entendu. Alors, à la prochaine dans l'ombre. M.